Toulouse à la recherche de jeunes cadres expérimentés

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Publié le vendredi 04 août 2017

Par Farah Sadallah

À Toulouse, tous les feux sont au vert pour les cadres. L’industrie aéronautique et les services aux entreprises ont prévu de recruter largement pour la fin 2017. Les jeunes ingénieurs expérimentés en R&D et en informatique sont très recherchés.

 

 

Toulouse est l’une des grandes villes de France où vivent le plus de cadres. La quatrième en France, elle en compte 100 000. C’est plus que Montpellier, Bordeaux et Marseille, comme le révèle l’étude de l’Apec sur le marché de l’emploi en 2017. Le temps très estival de la ville rose ne semble pas être l’unique raison de cet afflux de travailleurs. L’attractivité économique générée par ses entreprises motrices, telles qu’Airbus, Sigfox, ou encore Thales, y est pour quelque chose. Les entreprises toulousaines alimentent le marché de l’emploi dans toute la région. Pour preuve, 60 % des postes cadres prévus en Occitanie pour 2017 sont à pourvoir à Toulouse, entre 6 900 et 7 620, comme l’annonce Jean-Sébastien Fiorenzo, délégué régional d’Occitanie pour l’Apec.

Des chefs d’entreprise très optimistes

Ces prévisions sont en hausse par rapport à 2016, 9 % d’embauches de plus en Occitanie et à Toulouse selon le délégué régional. Le moral des entreprises est à son apogée pour l’année 2017. 65 % des dirigeants se déclarent optimistes (+ 3 points vs. 2016) selon une enquête réalisée par la CCI de Toulouse dans le département de la Haute-Garonne. L’Apec a interrogé les chefs d’entreprise et 12 % d’entre eux prévoient d’augmenter leurs effectifs cadres en 2017 dans le département. C’est plus que la moyenne nationale (10 %).

Les métiers de la R&D et de l’informatique en première ligne

L’ingénieur en R&D est le poste le plus prisé par les dirigeants. Selon l’Apec, il représente 23 % des prévisions de recrutement en Occitanie (sachant que 60 % des postes prévisionnels sont pourvus à Toulouse). Viennent ensuite les métiers de l’informatique à hauteur de 18 %. Ces professions résument à elles deux, presque la moitié des profils cadres les plus demandés sur le marché de l’emploi toulousain pour 2017. Les ingénieurs sont très courtisés : « Ce n’est plus le candidat qui sollicite l’entreprise, mais c’est elle qui le contacte », déclare Sylvie Doret, vice-présidente de la CCI. Et s’ils ont des compétences commerciales, en plus de leurs aptitudes techniques, ils seront d’autant plus recherchés.

Les entreprises de services du numérique recrutent largement

C’est le secteur des services qui courtisera les ingénieurs principalement. Cette branche représente 62 % de la part des embauches prévues pour 2017 à destination des cadres selon l’Apec. Ce sont les ingénieurs d’études R&D, et les responsables informatiques qui sont les professions les plus ciblées. Selon l’enquête Besoins en main d’œuvre de Pôle emploi, 2 303 projets de recrutement sont prévus pour 2017.

À Toulouse, ces sont particulièrement les entreprises de services du numérique (ESN) qui ont prévu d’embaucher, selon le site Toulemploi. Par exemple, Scalian souhaite en attirer 180, Capgemini compte lui recruter 600 personnes en CDI. CGI table sur une centaine de personnes en contrat à durée indéterminée, alors qu’Infotel veut en embaucher 120. Comptez 320 collaborateurs en plus chez Alten. À plus petite échelle, IT Link cherche 25 personnes dans son agence à Toulouse, et Elsys Design, spécialiste de la conception des systèmes électroniques, souhaite attirer une dizaine de développeurs, ingénieurs concept et des architectes.

L’industrie aéronautique et spatiale pourvoyeurs d’emplois

En parallèle à cet écosystème du numérique, l’industrie est aussi très présente sur le territoire toulousain. Selon la CCI de Toulouse, les effectifs industriels progressent de 2,5 % en 2017 en Haute-Garonne. Et 354 projets de recrutements en Occitanie s’adressent aux ingénieurs d’études R&D.

Forcément le géant de l’aéronautique, Airbus compte parmi ces prévisions, avec un millier de recrutements prévus à Toulouse pour ses branches Airbus Defence and Space et Airbus Commercial Aircraft. Autre locomotive de l’emploi dans la ville rose, Thales souhaite embaucher environ 200 personnes. L’automobile est également un secteur pourvoyeur d’offres d’emploi avec Continental Automotive : 150 postes sont créés à l’occasion de l’ouverture de leur filiale spécialisée dans les systèmes pour voitures connectées. L’équipementier Liebherr-Aerospace Toulouse prévoit de recruter une soixantaine de personnes sur son site.

« Des juniors expérimentés »

Parmi ces entreprises, beaucoup des recrutements sont à pourvoir auprès des jeunes diplômés. C’est le cas d’Alten, qui garantit 45 % de ses postes aux profils juniors. Thales Alenia Space précise que la moyenne d’âge des nouvelles recrues est comprise entre 25 et 30 ans, selon les propos recueillis par Toulemploi.

Dans 50 % des cas, les entreprises veulent recruter des cadres qui ont entre zéro et cinq ans d’expérience, selon Jean-Sébastien Fiorenzo. « Elles sont très friands des jeunes développeurs qui ont déjà une expérience professionnelle. Parce qu’ils sont réactifs et s’adaptent au marché », explique-t-il. Mais 8 recruteurs sur 10 ont des difficultés à embaucher des travailleurs dès leur sortie de l’école, car ces derniers sont jeunes, pas toujours expérimentés et ne correspondent pas aux profils recherchés. 

Ceux qui possèdent beaucoup d’expérience parviennent moins facilement à décrocher des postes. Entre six et dix ans d’expérience, ils représentent 26 % des intentions d’embauche. Et pour les plus confirmés entre onze et quinze ans de pratique, ils ne rassemblent que 12 % de postes. Il s’agit évidemment d’une statistique globale. Elle est par exemple à relativiser pour les cadres de l’ingénierie et de l’informatique qui restent les plus recherchés.

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